La récente initiative du ministre, visant à faire le ménage dans les mines artisanales de cuivre et de cobalt, a créé la controverse et occasionné des violences meurtrières, dans le sud-est de la République démocratique du Congo.
Les exploitants artisanaux, appelés « creuseurs », ont violemment manifesté, fin décembre 2025, à Kolwezi et ses environs, pendant trois à quatre jours. Environ un mois après, le rapport préliminaire de la Commission d’enquête dépêchée par le ministre des Mines, Louis Watum, confirme les soupçons de départ. Les conditions minimales de sécurité et de traçabilité des minerais sont peu réunies.
La Commission de contrôle de conformité des entités de traitement a démarré ses travaux dans le Lualaba, puis dans le Haut-Katanga, provinces du sud-est de la RDC riches en cuivre et en cobalt. Divisée en trois sous-commissions, elle a examiné les actes juridiques et administratifs, ainsi que la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement. Le ministère les soupçonne de favoriser la fraude et la contrebande minières, comme l’indique l’arrêté ministériel 00964 du 19 décembre 2025, suspendant momentanément ces sociétés.
Mais les tensions se répandent vite à travers le Lualaba, où se concentrent de nombreux exploitants artisanaux. Ces derniers fournissent de la matière première aux Entités de traitement à travers les coopératives minières. Les sociétés coopératives, d’après le Code minier congolais, doivent encadrer les exploitants artisanaux, en vue du passage de leurs activités à la mécanisation.
Or, en suspendant ces « entités », le ministère paralyse la production en cassant l’unique débouché. En effet, les industriels se méfient des produits issus de l’artisanat, même s’ils représentent entre 10 et 20 % de la production nationale de cobalt en RDC. À la base de cette méfiance, les vices caractérisant le processus de production de ces ressources : violation des droits humains, trucage de balance, difficile traçabilité et mesures écologiques faiblement mises en œuvre.